
RDC : l’Assemblée nationale adopte la loi organique sur le référendum, l’opposition quitte la séanceL’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a adopté, ce mercredi 27 mai, une proposition de loi organique concernant l’organisation du référendum, marquant ainsi une nouvelle étape dans le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle dans le pays.
Ce texte, présenté par le député Ngondankoyi, établit les modalités d’organisation d’un référendum en RDC. Son adoption survient dans un contexte politique particulièrement tendu, avec de profondes divergences entre la majorité au pouvoir et une partie de l’opposition sur la question de lancer un processus de révision de la Constitution.
Avant le vote, plusieurs députés de l’opposition républicaine, notamment ceux du regroupement NOGEC dirigé par Constant Mutamba, ont décidé de boycotter la plénière dédiée à l’examen de cette proposition de loi. Ces élus ont critiqué cette initiative jugée « inopportune » au regard des défis sécuritaires et sociopolitiques actuels du pays.

L’honorable Van Walesa, parmi les voix critiques concernant le texte, a affirmé que les priorités nationales devraient se concentrer davantage sur les problèmes de sécurité persistants à l’Est du pays ainsi que sur les urgences sociales auxquelles font face les Congolais.
Malgré ce boycott et le départ en cours de séance de certains députés de l’opposition, la majorité parlementaire (Union Sacrée de la Nation) a poursuivi ses travaux jusqu’à l’adoption du texte. Les députés de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), de Vital Kamerhe, ainsi que ceux du Mouvement de Libération du Congo (MLC) , ont pris part au vote et soutenu la proposition.
Cette participation est perçue par plusieurs observateurs comme un signal politique significatif, étant donné que ces deux formations ne s’étaient pas encore clairement exprimées sur un potentiel changement constitutionnel.
Pour certains analystes, leur implication dans ce vote reflète au minimum une absence d’opposition frontale à la démarche entreprise par le pouvoir.Du côté de la majorité présidentielle, l’adoption de cette loi est considérée comme une avancée politique majeure.
De nombreux membres de l’Union sacrée de la Nation estiment que cette étape démontre la capacité du gouvernement à imposer son agenda politique malgré les critiques et les appels à bloquer émis par certains opposants.

Une fois que cette loi organique sera promulguée par le Président de la République et publiée au Journal officiel, elle pourrait ouvrir la voie à l’organisation d’un référendum constitutionnel en RDC.
Ce processus pourrait, à terme, aboutir à l’émergence d’une potentielle Quatrième République, si la majorité des Congolais soutient les réformes proposées lors d’un futur scrutin référendaire.Cependant, plusieurs incertitudes demeurent, notamment concernant le calendrier, le contenu exact des réformes envisagées et les conditions politiques et sécuritaires nécessaires pour organiser efficacement un référendum dans le pays.
✍️ Zénaél Nehan
