FECOFA : VÉRON MOSENGO-OMBA SOUS PRESSION,LA CONTESTATION S’ORGANISE.

Moins d’un an après son élection, le président de la Fédération congolaise de football association (FECOFA), Véron Mosengo-Omba, se trouve en première ligne d’une contestation croissante.

Abandonné par d’anciens alliés, y compris son propre témoin lors du scrutin, il fait face à des accusations de mauvaise gouvernance et d’incompréhension des enjeux du football congolais. Un rassemblement est prévu dimanche à Kinshasa.

Le nouveau dirigeant du football congolais était censé incarner un renouveau. Pourtant, il se retrouve confronté à une fronde interne que ses détracteurs considèrent comme révélatrice de ses lacunes. Plusieurs membres qui avaient voté pour lui lors de l’élection adoptent désormais un discours critique et prennent leurs distances avec sa gestion.

Plus embarrassant encore pour le président : celui qui l’avait soutenu comme témoin lors du scrutin ne partage plus sa vision. Charles Masudi, mentionné dans les échanges sur les réseaux sociaux, serait ainsi resté isolé au milieu d’un exode général : « tout le monde est parti, même le témoin aux urnes », ironise l’un des auteurs du message.

Ce délitement précoce de son soutien illustre, selon ses critiques, l’incapacité de M. Mosengo-Omba à rassembler et fédérer les acteurs d’un football qu’il prétend pourtant bien connaître depuis les bureaux feutrés de l’instance internationale. Estimant qu’il manque un véritable ancrage dans les réalités du terrain, ils soulignent que le président a du mal à recoller les morceaux d’une famille sportive divisée.

Dans ce climat préoccupant, un appel solennel a été lancé aux présidents de clubs, aux présidents de supporters et à tous les acteurs du football national. Ils sont invités à se rassembler dimanche à 15h00 à l’Hôtel du Fleuve, en présence des médias nationaux et internationaux.Les initiateurs de cette démarche dénoncent une « incompétence » au sein de la FECOFA qui, selon eux, « ne peut plus être ignorée ».

Ils réclament une gouvernance « responsable, crédible et conforme aux ambitions du pays ».Les signataires souhaitent « faire toute la lumière » sur la gestion de la fédération sous la direction de M. Mosengo-Omba et exigent un changement à sa tête. Le football congolais a besoin d’un leadership sérieux, intègre et compétent qui respecte les clubs, les supporters et les institutions.

Ils insistent également sur la nécessité d’aligner leurs actions avec la vision du chef de l’État Félix Tshisekedi Tshilombo, présenté comme le premier sportif du pays.Dans ce contexte tendu, la ville de Goma s’exprime avec force. Elle demande justice pour son club, le DC Virunga, vainqueur de la Coupe du Président et représentant de la République Démocratique du Congo en Coupe de la Confédération de la CAF.

Pour ses partisans, le traitement réservé à cette affaire met en lumière les dysfonctionnements d’une fédération accusée de ne pas défendre ses clubs.Entre les contestations des clubs, les défections au sein de son propre camp et des soupçons de mauvaise gestion, Véron Mosengo-Omba entame un mandat particulièrement tendu.

La tâche de redresser le football national, promesse clé de sa campagne, semble plus complexe que jamais. Reste à voir si le président parviendra à reprendre les rênes et à répondre aux accusations, ou si les manifestations prévues dimanche viendront renforcer l’instabilité de son mandat.

✍️ Jonas SAVIMBI Jr

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