
La situation entourant la direction de la Fédération de Karaté-do du Congo (FEKACO) atteint un tournant crucial, mettant en lumière des insuffisances notables au sein du ministère des Sports et Loisirs, dirigé par Didier Bidimbu. Les récentes décisions du Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, qui confirment la légitimité de Me Freddy L’A Kombo à la présidence de la FEKACO, soulèvent des critiques acerbes quant à la connaissance et à la compétence du ministre dans ce secteur stratégique.
Deux jugements, une position juridique indiscutable
Le Tribunal de grande instance a, dans un premier jugement (RC 134-25), annulé la suspension illégitime de Freddy L’A Kombo, réaffirmant ainsi son droit à exercer ses fonctions de président de manière intégrale. Ce jugement souligne une faillite manifeste du ministre, qui aurait dû s’assurer de la conformité des actions administratives avec les statuts de la FEKACO avant de se prononcer.
Dans un second jugement, daté du 21 janvier 2026 (RC 130.628), la même instance a suspendu toutes les résolutions de l’assemblée générale du 22 décembre 2025, convoquée par un bureau exécutif contesté. En agissant ainsi, le tribunal rappelle que toute initiative en dehors du cadre judiciaire est non seulement inutile, mais également contraire aux normes juridiques établies.
Le ministre des Sports gravement désorienté
Le constat est alarmant : Maître Singa Landa, avocat de Freddy L’A Kombo, dénonce un ministre des Sports, Didier Bidimbu, « triplement induit en erreur ». Il souligne que le ministre a agi en proposant une solution à un conflit interne à une association à but non lucratif, ignorance du fait que seule la justice possède le pouvoir de trancher de tels litiges.
De plus, l’idée selon laquelle il posséderait un pouvoir de régulation sur la FEKACO, en contradiction avec la législation congolaise, remet en question sa compréhension fondamentale de son rôle. L’avocat insiste également sur le fait que le ministre accorde des audiences à des individus sans légitimité pour représenter la FEKACO, ce qui représente une insulte à l’autorité judiciaire.
Un défi à l’État de droit
Les actions entreprises en dehors de la sphère judiciaire, alors que des décisions de justice sont en cours, posent de sérieuses questions sur le respect des normes légales et des principes de gouvernance sportive en République démocratique du Congo. Imposer des dirigeants à la FEKACO constitue une violation flagrante des droits constitutionnels et des lois établies.
Maître Singa Landa insiste sur le fait que ces manœuvres représentent un précédent dangereux, risquant d’éroder l’intégrité du système judiciaire et de compromettre l’État de droit.
La justice comme balise fondamentale
En maintenant Freddy L’A Kombo à la présidence de la FEKACO et en annulant les résolutions contestées, le Tribunal de grande instance rappelle un principe essentiel : l’administration ne peut pas empiéter sur les prérogatives de la justice. Les décisions rendues établissent un cadre clair, rappelant que toute initiative contraire pourrait être considérée comme un mépris des décisions judiciaires et un affront à l’État de droit.
Le temps est venu pour le ministre Didier Bidimbu de reconnaître ses erreurs et de s’engager dans une approche plus éclairée et respectueuse du cadre juridique, indispensable pour le développement harmonieux du sport congolais.
✍️ Jonas Savimbi Jr
